Prova di bilancio.

Maintenant que les élèves ont fait le leur, je vais tenter moi aussi de faire un « piccolo bilancio », un petit bilan de ce mois italien au niveau pédagogique…

Tout d’abord, un mois ce fut court pour mener à bien toutes les choses faites avec les différentes classes et en même temps suffisant pour me rendre compte que, aussi chouette et formatrice que fut l’expérience, je me vois bien plus instit que prof à l’avenir! Pas tant pour l’âge des gosses car je me sens mieux avec des relous de 14 ans qu’avec des miniatures de 3 ans! Mais plutôt à cause du découpage horaire et disciplinaire (le même en Italie) imposé par l’institution. En effet, ça me semble fou, au bout de 30 jours ici, de ne pas connaître tous les prénoms de mes « élèves temporaires »…Mais j’ai vu certaines classes 1h seulement par semaine et d’autres 2h et j’avais en tout 10 classes de sixième, cinquième et quatrième. Sachant qu’il y a entre 15 et 25 élèves par classe, je vous laisse calculer le nombre de prénoms… Il me semble mieux pour les enfants/adolescents de voir plus souvent leur prof pour qu’ils se connaissent mutuellement mieux (ce qui est le cas en primaire). Ensuite, j’avais donc une heure (cinquante/ cinquante-cinq minutes…) montre en main pour faire du français Et seulement du français…Mais finalement avec certaines classes ce que l’on a fait se rapprochait plus de « l’EMC » par exemple. Et peut-être qu’après 5h de cours avec 2 minis pauses de 10 minutes à peine, certaines classes n’avaient plus la tête à parler une langue étrangère « cosi », comme ça bim bam boum! Peut-être qu’il aurait été plus judicieux de proposer une autre matière?!

Bref, ça c’est le gros point qui fait que ça me soûlerait d’être prof en collège ou en lycée (à moins d’y voir un système différent comme à St Nazaire): le foutu découpage horaire et disciplinaire!!

Deuxième point (qui découle du premier en partie je pense): La communication dans l’équipe et le travail de groupe (entre profs j’entends). Je ne sais pas ce qu’il en est dans les collèges et lycée de France (Hormis celui que j’ai eu la chance d’apercevoir à St Nazaire…Ok j’arrête de comparer!) mais ici la communication était très faible entre les enseignants (même ceux d’une même classe, hormis pour se plaindre des horribles élèves..) et je n’ai vu aucun travail d’équipe. Alors que j’ai trouvé ça enrichissant les (rares) moments où j’ai pu demander l’avis de la prof sur ce que j’avais préparé et inversement quand elle me demandait aussi le mien..C’est un petit peu important non, pour s’améliorer?

Troisième point: Ce stage m’aura donné l’opportunité (ou du moins m’aura permis de me la donner ahah) d’expérimenter le conseil d’élèves avec une classe (principalement du moins, avec une deuxième moins durablement, seulement sur 2 séances de fin de stage) et de voir que:

1) C’est possible!

Même si j’ai pas trop trop dormi la veille en me demandant comment faire, quels rôles donner, pourquoi le faire, pourquoi avec eux et pas avec les autres, et si personne ne parle, et si j’oublie tout mon italien demain, et si et si et mille autres questions de ce genre! Mais au moins, aussi débutante suis-je, je compte bien le retenter dès que possible avec une future classe parce que si je me casse pas le nez maintenant en tentant, je me le casse dans 20 ans quand je serais pleine d’expériences?! Mais ça se répare moins bien les fractures quand on vieillit non?

2) Je reproduis ce que je veux pas! 

A savoir, mettre en oeuvre un dispositif issu d’une pédagogie dite « nouvelle » (ahah) ou alternative avec une classe qui me mettait en difficulté…Alors même que je suis persuadée que tous les élèves devraient avoir droit à ce type de pédagogie…Se méfier de soi-même, je vous dis…

Et enfin, dernier point (4 mars, 4 points si si) : Pour rebondir sur « se méfier de soi-même », je pense en effet qu’ayant été dans une école classique de 3 ans à….Maintenant! , sans en être forcément consciente, lorsque je suis démunie face à une situation, j’utilise des ressorts classiques du type « copie de lignes » ou « menace des notes » (sur conseil « avisé » de la prof…). Ok je n’en ai pas mis au coin mais enfin, je suis pas sûre que copier des lignes ou travailler pour « un voto » (une note) ça soit très pédagogique comme histoire! Donc j’en conclue que

  1. C’est bien d’être confrontée à la réalité!
  2. C’est bien aussi de continuer de lire, observer, tester, bref de se former pour justement éviter ces écueils et chercher encore et encore des nouvelles solutions.

Et un ultimo ultimo point bonus! : A propos de l’autonomie des élèves (Bah oui c’est un peu sensé être une partie de mon mémoire ce thème là!), j’ai remarqué qu’ils prenaient sans souci l’initiative de se lever (pour aller aux toilettes, faire une photocopie, se laver les mains, demander un crayon, se rapprocher du tableau s’ils ne voient pas etc) ce que j’ai trouvé déconcertant au départ. Aujourd’hui, après un petit temps à m’habituer, je trouve ça vraiment bien cette autonomie de déplacement qui réduit pas mal le nombre de questions « parasites » et inutiles pendant le cours!

Par contre au niveau de l’autonomie de travail ça m’a semblé moins « gagné d’avance »…Et alors quand il s’agit de conjuguer autonomie Et coopération, je vous dis pas! En effet, après leur en avoir parlé, il semble qu’ils travaillent presque toujours individuellement, ce qui explique la partie coopération. Pour ce qui est de l’autonomie de travail, ils n’étaient pas non plus habitués à ce que je leur dise par exemple, pendant une demie heure vous avez 3 choses à faire (lire un court texte, écrire une traduction, faire une petite recherche par exemple), vous les faites dans l’ordre que vous voulez, en groupes ou en binômes ou seul. J’ai vite compris que les professeurs étaient bien plus directifs habituellement (du genre « vous lisez pendant 5 min puis telle chose pendant tant de temps etc »). Ils ne sont pas non plus habitués à réfléchir à leurs propres modalités de travail  et à leur propre gestion du temps…Comme les élèves français sans doute!

SAM_1196.JPGLa fin du marché à Turin, la fin du stage (déjà!) per me.

PS: Marcelle est parée pour ses 10h de route du week-end et vous dit A presto pour de nouvelles aventures pédagogiques!

Publicités

Une réflexion sur “Prova di bilancio.

  1. alors en enseignement agri tout est en enseignement modulaire avec plusieurs matières à l’intérieur du coup plusieurs profs et forcément de la communication comme à Arcis avec 200 enseignés 🙂
    sinon tout dépends du projet d’établissment, de la gestion de l’équipe et des volontés du chef car à Crogny c’était davantage chacun pour soi même avec les modules !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s